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CONSÉQUENCES GÉNÉRALES

Un pareil régime, nécessaire au début, avantageux même, au point de vue de la conservation nationale, aurait dû produire dans l’ensemble un résultat plutôt négatif. Des pratiques communautaires aussi restreintes ne pouvaient guère favoriser, même dans son germe, la vie publique. Un particularisme aussi limité n’était guère propice à une convenable hiérarchisation des familles comme des individus. Inaptitude à s’élever: conséquence du “domaine plein” et caractérisque de Ces temps-là. La petite propriété indépendante comportait, outre une culture variée: jardin potager, céréales, pâturages, une foule d’industries domestiques : alimentation, tissage, éclairage, et de nombreux métiers improvisés : charpenterie, menuiserie, charronnage, etc., l’idéal étant d’obtenir le moins possible par voie d’achat. Et donc, impossibilité de la grande culture, absence de patrons agricoles, nullité du commerce local, rarissimes artisans, professions vides. Les médecins ? On consultait plutôt des “ramancheurs” et des herboristes qui, sans parler au diable, le tiraient fortement par la queue. Seuls des rentiers prenaient sur leurs vieux jours le chemin du village, “pour s’approcher de l’église”, et non pour y porter la révolution.

S’il s’agit simplement de prendre racine dans un sol, puis de former bloc contre l’envahisseur, une société ainsi construite et organisée offre un type passablement résistant. (Nous savons d’ailleurs que la petite propriété, jointe à la petite épargne, sauva plusieurs fois la France en des périodes de crise). Par contre, s’il s’agit

LA PAROISSE, GARDIENNE DE VIE SOCIALE

non-seulement de contenir l’envahisseur, mais d’entrer en concurrence industrielle, commerciale, politique même, les ressources d’un peuple, ainsi comprises et exploitées, deviennent insuffisantes, et il ne faut pas s’étonner que la lutte s’engage avec des chances inégales.

Pourtant ce peuple a vécu, il a grandi, il a essaimé partout. Il a survécu ensuite, en s’adaptant victorieusement aux conditions de la défaite. Il a gagné de haute lutte ses libertés civiles, politiques et religieuses, et s’apprête aujourd’hui à conquérir pour de bon son “indépendance économique”. D’où lui vint cette force à la fois expansive et conservatrice ? lui qui ne connaissait, en dehors de la famille, aucune institution sociale, aucun organisme de vie publique, aucune classe, pour dire le mot. La réponse est aisée maintenant. Le lecteur sait fort bien que pas un instant, durant ce préambule, je n’ai cessé de “prêcher pour ma paroisse”. Tel que sommairement décrit, en effet, l’état social du colon — non moins que sa foi religieuse — exigeait une institution de ce genre et fit de sa prépondérance une nécessité.

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