Le même Journal, p
les grosses soient expédiées promptement, qui sont destinées à l’inspection Royale.
. “ Ceux-ci avec la Verge-noire et le Sergent de la masse, composeront tous les officiers du Conseil Législatif, et une fois pourvus, il n’y aura aucune charge encourue que les contingents usités pour le bois de chauffage et la papeterie.
“ L'expérience de la Chambre d'Assemblée est si compétente à toute allouance, que votre mémoraliste ne pourrait juger d’y ajouter plus, qu'il se remet lui-même à sa sagesse et sa justice pour ce que les exigences publiques et l’honneur du Gouvernement peuvent le requérir.
“ (Signé) Wm. Suirx, Junr.
“ Greffier du Conseil Législatif.”
Un seigneur de la cour de Louis XIV disait, parlant de Vaugelas : “ Quand je l’ai croisé par hasard le matin et que j'ai marché dans son ombre, je ne fais plus un solécisme de la journée. ” De toute évidence, les greffiers Smith et Phillips auraient gagné à marcher dans l'ombre de Vaugelas.
Formé sous les auspices de pareils arrangeurs de phrases, notre vocabulaire ne pouvait être, comme on disait autrefois, la langue la plus délitable à ouir ; et il ne faut pas s'étonner si la prose de nos procès-verbaux est, dans les commencements, une véritable mosaïque de barbarismes et de solécismes, de formules et de locutions “ dont les mots hurlent d’être ensemble ”.
Il serait trop long de faire l'inventaire de tout ce matériel linguistique ; nous nous contenterons de jeter, si vous le voulez bien, un coup d'œil rapide sur le Journal de la session de 1792-
Et qu'y voyons-nous ?
Tout d’abord, des phrases amphibologiques, comme celle-ci : “Quand un bill est lu dans la Chambre ou en comité, le Greffier ou président doit certifier la lecture ou le tems sur le dos !.”
Des textes inintelligibles, comme cette résolution du Conseil législatif : ‘ Que tels messages à la Chambre d’assemblée, comme par l’usage du Parlement se faisoient aux Communes par deux of-
1. Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, 1792-1793, p. 117.
ficiers de la Couronne qui ne sont pas Pairs, puissent se faire de cette Chambre par un seul membre d’icelle :.”
Des formules cocasses, comme : ‘ L'Orateur fera sortir son warrant ?.”
Des expressions baroques, telles que dresser des règles de procéder 3, le style de former les loix 4, agiter un débat 5, faire motion pour telle ou telle chose. .
Et aussi, et surtout, des anglicismes bien authentiques. Ainsi, on prend le serment ?, au lieu de le prêter ; ou retourne ® les députés, au lieu de les élire; on produit le retour * des députés, au lieu de déposer le certificat de leur élection ; on s’absente des devoirs de la chambre, on va à sa famille %, quand on a obtenu un congé ; on appelle à l'ordre ‘, comme on appellerait au secours : les questions sont mises ‘?, au lieu d’être posées ou mises aux voix ; un amendement est alloué ‘, au lieu d’être adopté ou accepté ; on concourt avec “ les résolutions, au lieu de les agréer; on désire la concurrence !s de la chambre, au lieu de solliciter l’agrément de celle-ci ; on traite le greffier de la chambre de greffier à la table ; on dit que les motions sont négativées ", lorsqu'elles sont rejetées, et même qu’elles sont emportées ‘3, lorsqu'elles sont tout simplement adoptées; enfin, on écrit : Mr. X mouve , lorsque M. X ne fait que proposer.
Ces locutions, hâtons-nous de le dire, ont été bannies du vocabulaire officiel de l’Assemblée. Notre langage s’est amélioré, s’est
1. Traduction de : “TT such messages to the House of Assembly, as by the
usage of Parliament may :° ommons by two Officers of the Crown, not Feers, per à 80 from this House by -ember thereof and no more.” Cf. le même Journal, p. 45.