SERGIUS PAULUS
mer, dans un temple dont les murs, avec leurs énormes blocs de cinq mètres de long sur trois de haut, subsistent encore, la déesse était adorée. Sa statue n'avait rien de commun avec ces marbres célèbres que le génie grec nous a légués. Elle n'était sortie ni du ciseau de Praxitèle ni de celui de Phidias. On la disait tombée du ciel. Au delà d'un parvis semi- circulaire où, près de l'autel toujours fumant, voltigeaient les colombes sacrées, entre les rideaux de pourpre suspendus à deux colonnes monolithes entourées de fraîches guirlandes, la cella laissait entrevoir dans ses profondeurs une pierre blanche en forme de cône tronqué. C'était le symbole inepte ou abominable sous lequel se manifestait la divinité.
Plus près du rivage , deux piliers de granit , encore debout, firent partie d'un second temple qui marquait la place où Vénus se montra pour la première fois aux habitants de l'île. En suivant toujours la route qui longe la côte, vers le nord, on peut voir le Jardin sacré de Vénus, Hieroskipos, avec la fontaine appelée les Bains d'Aphrodite, et atteindre bientôt après la nouvelle Paphos.
C'est là que s'arrêtèrent les deux messagers de l'Évangile. Il s'y trouvait un proconsul préoccupé par exception des questions qui, dans la nature ou dans la philosophie , méritent l'attention de tout homme sérieux. Son nom était Sergius Paulus. C'est probablement lui que Pline le Naturaliste mentionne par deux fois, quand il parle des savants dont il s'est inspiré pour composer ses