‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 111 sur 216 · ALEXANDRIE DE TROADE · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE DE TROADE

plus de cinq cents ans avant Jésus-Christ. De la mer on voit l'acropole , autour de laquelle la ville était bâtie. Dans le lointain, l'Ida élève sa cime sombre et boisée. C'est sous ses ombrages que Paris aurait rendu le jugement dont Minerve et Junon furent si vivement irritées. On sait que le pâtre royal, en donnant à Vénus la pomme d'or destinée à la plus belle, assura la ruine de sa famille et de son pays. Quelques religieux vivent dans des cellules au sommet de l'Ida, et les paysans du voisinage y montent de temps en temps, poussés par un désir superstitieux d'y saluer le soleil levant.

Nous longeons la côte de la Troade, et je demande au capitaine de me montrer Eski-Istamboul, l'ancienne Alexandrie. Tout homme d'Europe qui passe par là devrait savoir où est ce pays et le saluer avec respect, car il a été le théâtre d'un événement décisif dans l'histoire des peuples d'occident. Le capitaine ignore et le lieu et la chose. A Troas Paul, une nuit, eut la vision du Macédonien qui, debout devant lui, le suppliait en disant : « Passe en Macédoine, et aide-nous, » Cet homme moitié grec et moitié barbare était la personnification symbolique du vieux et du nouveau monde , de toutes les nations attendant un sauveur et appelant de leurs supplications désespérées le secours mystérieux qui devait venir de l'Orient. Le suprême cri de détresse passant par la bouche du Macédonien fut entendu, et le Sauveur vint à la vieille humanité aveugle et percluse, le pieux sa-

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