‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 13 sur 216 · LATAKIEH · texte numérisé non relu

LATAKIEH

ternels se perpétuait dans le regard hébété, la lèvre pendante, les membres ballants de si misérables descendants.

Ni autrefois ni maintenant Chypre n'a eu le souci de son indépendance. Les mains qui servaient Vénus n'étaient pas faites pour tenir le glaive. L'île a été à tous les maîtres qui ont voulu s'en emparer. Notons cependant qu'un philosophe célèbre est né à Citium. C'est Zenon. Par la loi des contrastes, ou en vertu de cette réaction que le spectacle de l'immoralité provoque dans une grande âme, l'illustre Cypriote fonda l'école stoïcienne et voulut faire entendre aux hommes qu'il n'y avait d'autre bien que la vertu, ni d'autre mal que le vice. Mal à propos il poussa ses théories jusqu'à condamner l'âme humaine à vivre insensible et sans autre passion que celle d'une vertu farouche. Le plus redoutable adversaire d'Épicure a donc vu le jour dans l'île où l'épicurisme était la morale de tous : ainsi parfois des fleurs naissent sur le fumier. Cicéron fut proconsul de Chypre.

Jeudi 16 avril, Latakieh.

La mer est mauvaise. C'est ordinaire sur la côte de Latakieh. A travers les montagnes qui la dominent , des vents violents s'engoufffrent et s'abattent sur la mer, y soulevant des lames ter-

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