LA PORTE SACREE
capitale de la province d'Achaïe, et Corinthe avait pris sa place. Est-ce pour relever son prestige évanoui qu'elle multipliait de jour en jour le nombre de ses dieux, de ses idoles et de ses superstitions? On est étonné, et un juif dut l'être bien davantage, du nombre d'autels et de temples qui la couvraient à cette époque. Pausanias, qui la visita cinquante ans après Paul, nous en a fait un tableau si complaisant qu'il dégénère en confusion.
C'est probablement par la Porte Sacrée, à côté du Dipylum, que l'Apôtre entra dans la ville. S'il voulut savoir le nom et la destination du premier édifice qu'il trouva devant lui, on dut lui dire que c'était le Pompéion, où les prêtres tenaient en réserve tout ce qui servait soit aux Panathénées, soit aux théories allant vénérer les mystères de Cérès. De là, en effet, partaient dans des directions inverses, la voie sacrée d'Eleusis et la grande rue des Portiques ou des Bronzes. Celles-ci, à travers le riche quartier du Céramique ou des Tuileries, aboutissait à l'Agora. C'est pour cela sans doute que souvent ces deux noms, Céramique et Agora, se prennent l'un pour l'autre.
Il nous est agréable de commencer la visite d'Athènes par cette porte célèbre qui vit arriver Paul il y a plus de dix -huit siècles. Nous n'en étions pas loin quand nous sommes sortis de la gare. C'est, en effet, à l'église de la Sainte -Trinité, au nord -ouest de la station, que nous prions le cocher de nous conduire. Elle a été bâtie sur un monument ancien, peut-être, d'après M. Lenor-