LA PORTE SACRÉE
mant, sur le tombeau d'Anthémocrite, le messager athénien qui fut tué par les Mégariens auxquels il allait reprocher d'avoir labouré les terres sacrées d'Eleusis. En tout cas, de récentes fouilles prouvent que nous sommes au point de jonction des voies antiques qui, venant du Pirée, d'Eleusis et de l'Académie, étaient ornées, sur leur parcours, de ces fameux monuments funèbres où la patrie écrivait les gloires de ses meilleurs citoyens, et surtout des soldats morts à l'ennemi. Le musée national en a fait une abondante moisson, mais beaucoup y sont encore en place.
Le premier qui attire nos regards est celui d'un jeune homme de vingt ans, Dexileus, fils de Lysanias, déjà inscrit sur le monument élevé par la république aux braves morts à Corinthe et à Coronée (394-93 av. J.-Œ). Il fut l'un des cinq qui se distinguèrent par leur bravoure. L'artiste l'a représenté sur son cheval de bataille, frappant de sa lance un ennemi terrassé. La lance et une partie de l'équipement du cheval étaient de bronze. Des traces encore visibles font supposer que le guerrier portait un casque de même métal. Dexileus est ici au milieu des siens, Lysias son frère, Melitte et Calliphanès ses sœurs, Nausistratus son beau-frère, Lysanias et Gallistrate autres membres de sa famille.
L'édicule en marbre , dont la peinture est complètement effacée , fut le tombeau d'Agathon , fils d'Agathocle. Un troisième, mieux conservé, laisse lire le nom de ÏMonysius et a un taureau sur pié-
Notre Voyage aux pays bibliques. III — 7
218 LE DIPYLUM — L'AGORA
destal. Le chien molosse qui vient ensuite constituait peut-être les armes parlantes d'un mort qui s'appela Guniscos. Une stèle de Menés d'Argos, les tombeaux de la famille de Dioclès, du tragédien Macareus et de Pythagore de Selymbria, attirent successivement notre attention.
C'est à quelques pas de ce dernier monument, qu'on vient de mettre à jour des restes de l'antique mur d'enceinte et une porte que l'on identifie avec la Porte Sacrée. L'édifice dont on voit les arasements à gauche en entrant n'était -il pas le Pompéion? En tout cas, la tour qui fut à quelques pas de là fit partie du Dipylum, et ici même aboutissait la grande artère conduisant au centre de la ville. Cette artère ou dromos, véritable corso d'Athènes, allait droit à l'Agora, qu'il ne faut en aucune façon chercher au sud de l'Acropole , mais au nord.
Au sud, en effet, Pausanias ne mentionne que des temples, le théâtre et la ville d'Adrien. C'est au nord que les paysans , venant , pour la plupart , de l'intérieur des terres , arrivaient tout d'abord. C'est là aussi que le terrain, moins accidenté de collines , permettait de grouper plus aisément des édifices publics autour d'un marché central. A découvert, mais à l'ombre des platanes ou des tentes qu'ils dressaient, les vendeurs y offraient leurs marchandises aux promeneurs. Ils y étaient même classés par groupes, et l'on savait où se vendaient l'ail, les oignons, l'encens, les épices, les herbes fraîches, les articles de toilette, en un