RUE DES HERMES
Au delà s'ouvrait le portique des Douze- Dieux, avec des peintures glorifiant le peuple et quelques héros tels que Thésée et Gryllus, fils de Xénophon. Deux temples, celui d'Apollon Patroùs et un sanctuaire de la Mère des Dieux achevaient d'embellir le côté occidental de l'Agora jusqu'au Bouleutérion ou Sénat, qui se trouvait au sud, en face de la belle rue se dirigeant entre l'Aréopage et l'Acropole, par des ramifications diverses, vers les Propylées, le Pnyx, les temples répandus au sud de la ville et le théâtre. Peut-être est-ce dans cette rue que se trouvaient plus particulièrement groupés ces hermès célèbres, sorte de gaines à tête de Mercure, avec sentences propres à encourager à la vertu. Sur l'un d'eux on lisait : Ne viole pas les lois de V amitié. Sur un autre : Suis en tout la justice, la même recommandation que Paul fait à Timothée dans les deux lettres qu'il lui adresse. Avait-il lu ici cet aphorisme de la sagesse antique, qu'il complète en recommandant d'y joindre les vertus surnaturelles, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur? C'est possible. En tout cas, il dut saluer comme un rayon d'espérance ces lueurs éparses de vérité, que la philosophie avait fait jaillir du fond de la conscience humaine. N'étaient-elles pas la pierre d'attente ménagée par la Providence pour asseoir les doctrines nouvelles qu'il apportait à un monde déchu et découragé. Comment, en effet, aurait- il essayé d'imposer à la philosophie grecque l'autorité des prophètes et d'une révélation qu'elle ne connaissait pas? De tous