LE THÉÂTRE DE BACCHUS
marbre blanc et portent chacun l'inscription des fonctionnaires religieux ou civils auxquels ils étaient destinés. On constate, en les examinant avec attention, que plus d'une fois une inscription nouvelle a été gravée sur une plus ancienne qui a été effacée. Les prêtres occupaient la majeure partie de ces places d'honneur.
L'orchestre formait une sorte d'abside au centre de l'immense hémicycle, au-dessous des gradins. Dans les derniers temps du paganisme , il avait été souvent converti en arène de gladiateurs. Depuis la ruine du célèbre monument, il a servi tour à tour de réservoir d'eau et de four à chaux où ont été brûlés des marbres admirables par des mains qui n'en savaient pas le prix. Au milieu se voit encore une sorte de mosaïque en forme de losange avec la place du thymelé, ou autel de Bacchus. Le chœur, à la suite du coryphée, faisait ses évolutions dans l'orchestre. A mesure qu'il prit moins d'importance on diminua les proportions du lieu où il se tenait, tandis qu'on augmenta celles de la scène, où les personnages devenaient plus nombreux. Il est aisé de retrouver ici les traces de trois scènes ayant successivement empiété sur l'orchestre, et dont la dernière fut construite par Phèdre, fils de Zoïle, sous Septime Sévère. Quatre degrés la mettaient en communication avec l'orchestre, et un silène colossal à genoux la supportait. Des fragments considérables permettent de la reconstituer telle qu'elle fut. Le dessous en était vaste, et les machinistes pouvaient s'y mouvoir à l'aise