‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 17 sur 216 · LA RUE D'HÉRODE · texte numérisé non relu

LA RUE D'HÉRODE

De visible, il n'y a rien. Sous terre, à un ou deux mètres de profondeur, il y a tout. A peine sortis de la ville, vers le levant, aux premiers jardins que nous rencontrons , des ouvriers cherchent des pierres pour construire, et ils trouvent des chapiteaux sculptés, des colonnes, des frises, et, les malheureux! ils les brisent pour édifier de mauvaises maisons. Ce sont là très probablement des restes de la magnifique colonnade qu'Hérode avait fait édifier le long de la grande voie qui traversait la ville, sur un espace de vingt stades, près de quatre kilomètres. Cette immense rue, défoncée par les chars, était boueuse et détestable pour les piétons. Le roi juif la fit paver en marbre et orner d'une double galerie qui, de chaque côté, mettait les promeneurs à l'abri du soleil et de la pluie1. La direction de la rue vers la porte Saint - Paul est restée la même. De grandes pierres blanches 2 s'y retrouvent encore par intervalles. Les colonnes que l'on exhume sous nos yeux sont bien à peu près là où elles durent tomber sous la secousse de quelque tremblement de terre. Parmi ces débris on ramasse des monnaies qu'on veut nous vendre. L'une d'elles est un as, à l'effigie et au nom de Tibère César Auguste, et avec S. C. au revers. Peut-être est-elle passée jadis dans les mains des apôtres ou de leurs disciples. Dire notre stupéfaction, nos paroles indignées en voyant déterrer

1 Josèphe, Antiq., xvi, 5, 3; B. J.} i, 21 , 11.

2 Dans le premier des passages cités, Josèphe dit simplement : X(6o) ££oto>; dans le second : (jiappiàpa) Çecroj.

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