GROTTE AU CIMETIERE LATIN
ainsi le passé pour l'exterminer à tout jamais, est inutile. Faute d'autres plus compétents, nos religieux d'Orient ne pourraient -ils pas s'instituer conservateurs, sinon des pierres, ce qui ne serait pas toujours possible, du moins des indications et des souvenirs archéologiques que soulève la pioche de ces ineptes travailleurs?
Nous montons vers le cimetière latin, à travers des jardins fort mal tenus. Malgré l'absence de tout travail, des fleurs éblouissantes croissent partout. Les arbres sont couverts de fruits. Des pillards, non pas enfants, mais barbons plus que mûrs, dévalisent des amandiers et se gorgent de leurs fruits verts. Le site des vieilles villes, soit que les morts y aient engraissé le sol , soit que les vivants aient longtemps négligé d'y rien cultiver, est d'ordinaire très fécond. Les orties montent ici au-dessus de nos têtes, et les lauriers atteignent de colossales proportions.
C'est à l'aide d'une échelle qu'il faut aborder la plate -forme donnant accès au petit sanctuaire, seule relique vénérée à Antioche par les religieux latins. Quand on s'en va, on enlève l'échelle pour rendre moins facile la dévastation du pieux parterre. La population antiochienne, tout en gardant, paraît -il, la légèreté de mœurs d'autrefois, l'a compliquée d'un fanatisme peu commun. Une inscription nous avertit que le P. Basile des Capucins fut poignardé , il y a dix-huit ans , par des visiteurs qui lui avaient demandé de jouer de l'orgue devant eux, et qui le massacrèrent sur le clavier