GROTTE AU CIMETIÈRE LATIN
même de l'instrument, parce qu'il faisait le bien au nom de Jésus- Christ! Quelque temps auparavant, un prêtre grec-schismatique était venu avec un firman de Constantinople pour organiser ses coreligionnaires en paroisse. Avant tout, il devait bâtir une église. On lui demanda où il voulait mettre ses ouvriers. Avec empressement il courut en marquer la place près d'un bel arbre, à la porte Saint- Paul. Hélas! le pauvre homme n'en revint pas. On le pendit à l'arbre même qu'il avait désigné , et sur un écriteau les passants purent lire pendant de longs jours : « Celui qui dépendra ce chien sera mis à sa place. »
Ces affreux souvenirs nous reportent assez loin du tableau que mon imagination se retraçait de cette Antioche voluptueuse et frivole où jadis tout était chants joyeux, plaisirs, jeux d'esprit, poésie, vie facile des théâtres et des cirques. Il est vrai que de l'ancienne population il ne reste à peu près rien, et que les TurcsTont entièrement supplantée. A peine si de rares Européens ont osé se fixer à côté d'eux avec quelques Syriens et Arméniens s'occupant de négoce.
La grotte où nous entrons peut avoir dix mètres de large sur vingt de long. Elle est d'une nudité parfaite. Une source d'eau très limpide s'y maintient à fleur de terre. A-t-elle servi autrefois à l'administration du baptême? Quelques excavations dans le roc furent- elles destinées à recevoir des lampes pour éclairer l'assemblée chrétienne? C'est ce que nous dit le P. Modeste. Par une ouverture,