‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 183 sur 216 · MUSÉUM DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

MUSÉUM DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE

inscription phénicienne et grecque, que Domtsaloh de Sidon avait élevée à Schemat, ou Antipatros d'Ascalon, après l'avoir délivré de son vivant d'un lion qui allait le dévorer; une collection de Vases à parfums, parmi lesquels il y a peut-être le pareil de celui que Madeleine brisa pour oindre le Sauveur.

Toutefois la plus belle collection de vases est au Muséum de la Société archéologique. Il y en a plus de trois mille, et plusieurs ornés. de très intéressants sujets : Œdipe et le Sphinx; la Dispute d'Apollon et d'Hercule; les Exploits de Bacchus contre les pirates; la Mort d'Actéon; Sapho lisant ses poèmes dont on peut encore déchiffrer le premier vers; un Vase Panathénaïque ; des Bracelets d'or trouvés auDipylum, avec les noms des femmes qui les ont portés; des Lampes; enfin les innombrables débris d'une belle civilisation enfouie dans la terre, et que la pioche des savants exhume tous les jours.

Un des plus heureux fouilleurs de notre temps a été M. Schliemann, et sa collection est la plus surprenante nouveauté des musées d'Athènes. Dire que nous voyons dans cette longue série de vitrines, où on les a soigneusement classés, les diadèmes en minces feuilles d'or qui ornèrent peut-être la tête d'Agamemnon, de Clytemnestre, ou même des fils de Priam, car les Grecs rapportèrent dans leur patrie les trésors des vaincus, n'est-ce pas stupéfiant? Ceci m'intéresse autrement que les bijoux des reines égyptiennes à

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Boulaq. Qui sait si ces coupes d'or qui sont sous nos yeux n'ont pas servi aux criminelles libations des Atrides? Si l'un de ces sceptres n'a pas été dans la main du roi des rois? Si ces bracelets n'ont pas été ceux qui pendirent aux bras de Clytemnestre infidèle, de ses deux filles Iphigénie et Electre, de Gassandre et des esclaves troyennes? En tout cas, ces casques, ces boucliers, ces lances, ont pris part aux guerres héroïques. Qui pourrait dire si ces plats de bronze ne furent pas à l'horrible festin où Atrée , pour punir l'incestueux Thyeste, lui fit manger la chair de ses propres fils? s'ils n'ont pas roulé à terre avec cette table que le malheureux père , selon les beaux vers d'Eschyle, renversa de son pied, tandis que se tordant il vomissait l'abominable nourriture? Y a-t-il parmi ces épées celle qu'Oreste brandissait devant sa mère scélérate? Je pense aux admirables vers que le grand tragique mettait sur les lèvres de Ciytemnestre vainement suppliante :

Arrête, mon fils! Respecte, cher enfant,

Ce sein sur lequel tu t'endormis tant de fois,

Où tes lèvres suçaient le lait qui nourrit.

En les murmurant, je me reporte aux âges et aux scènes épouvantables dont ces objets -ci furent les contemporains. Il n'y manque que le fatal filet sous lequel Agamemnon fut enveloppé et massacré, « engin à bêtes fauves, linceul funéraire, lugubre couverture de baignoire, » comme

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