‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 188 sur 216 · DÉPART D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

DÉPART D'ATHÈNES

revêtue le jour de l'initiation devenait sacrée. On la portait jusqu'au dernier lambeau, qu'on allait enfin suspendre en ex-voto dans quelque temple, à moins qu'on ne préférât en faire des langes pour envelopper les nouveau -nés de la famille.

Je crie à M. Vigouroux : Konx> Ompax! C'était la formule, empruntée à la langue égyptienne ou phénicienne, — les savants sont partagés là-dessus, — par laquelle on congédiait l'assemblée aux Grands Mystères. Il est temps de partir. Nous descendons les immenses gradins taillés au flanc de la colline, où prenaient place les initiés et peutêtre aussi les simples spectateurs venus à la fête. Ces escaliers firent certainement partie du Sèkos , l'enceinte mystique bâtie par Ictinus1. Un moment nous nous asseyons sur la Pierre sans Rire (izirpoL àyéAaffTo;) et nous donnons à la pauvre vieille humanité un souvenir compatissant. Quel usage ces âmes inquiètes et affamées de vérité, qui venaient chercherici d'insignifiantes consolations, n'eussent-elles pas fait de la pleine lumière où nous vivons, et qu'ils sont insensés les sages modernes qui la dédaignent, vivant comme si elle n'avait jamais lui, ou même dépensant leurs plus puissants efforts à la supprimer pour nous rejeter dans les ténèbres du scepticisme! Sous le poids de ces pensées, qui attristent nos âmes, nous rentrons à Athènes. L'Acropole est splendide aux pâles et poétiques lueurs du soleil couchant. Hélas ! il faut partir demain.

i Strabon, liv. IX, 12.

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