‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 202 sur 216 · LE GOLFE DE CORINTHE · texte numérisé non relu

LE GOLFE DE CORINTHE

au pugilat, était proclamé vainqueur. Il n'avait plus d'autre ambition pour le reste de ses jours. Paul, qui passa près de deux ans à Gorinthe, avait-il vu ces coureurs, omnes in stadio currunt, ces lutteurs, non sic pugno quasi aerem verberans? Je ne sais, mais c'est bien de leur couronne périssable qu'il veut parler, quand il demande aux disciples de l'Évangile de lui préférer la couronne du ciel. A l'époque où Paul passa par ici , Néron venait de commander le percement de l'isthme. Il avait même soulevé le premier quelques poignées de terre avec une épée d'or. La révolte de Vindex dans les Gaules le rappela en Occident. Les travaux ont été repris après dix -huit siècles, et cette fois ils aboutiront.

• Schœnus était le centre populeux auquel le célèbre sanctuaire de Poséidon ou Neptune et ses dépendances se rattachaient directement. Nous sommes, en effet, à un kilomètre de Calamaki.

De Corinthe à Patras.

Nous avons réglé avec l'hôtelier. C'est un brave homme. Sa note soldée, il n'y a plus à dire, comme autrefois, qu'on va à Gorinthe pour s'y ruiner. Il a plu toute la nuit. Le soleil se lève derrière de

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grands nuages. Qu'il nous accorde au moins quelques joyeux rayons pour ce dernier jour. Les réminiscences classiques vont encore se multiplier sous nos pas. C'est sur un canapé de chemin de fer que nous les noterons.

Après Corinthe, les terres se couvrent de vignes et de moissons. Je comprends que les Grecs aient fait de cette parole : « Entre Sicyone et Corinthe , » le synonyme d'être dans l'abondance. Les raisins qui viennent ici ont les grains petits comme des groseilles, mais sans pépins. Les grappes en sont longues et peu serrées. Sicyone a des souvenirs glorieux dans le monde des arts. Nous saluons au village de Vasilico les restes de l'antique cité.

Le golfe se déroule bientôt tout entier devant nous. On dirait un vaste lac qu'entourent des montagnes boisées, tantôt capricieusement séparées, tantôt formant une vaste chaîne. Sa rive septentrionale est très abrupte, tandis que celle de l'Achaïe, où passe la voie ferrée, a été couverte d'alluvions par des torrents impétueux qui se précipitent à travers les coupures des collines. La pluie qui est tombée cette nuit nous permet de soupçonner ce qu'ils sont en temps d'orage. Les gorges où ils coulent, ombragées d'oliviers, de pins ou de myrtes, peuvent rivaliser avec les plus pittoresques que j'aie admirées en Suisse et dans la Forêt -Noire. Il est même probable qu'une série de monticules boisés, éparpillés de distance en distance et aussi gracieux que ceux-ci, ne se retrouve nulle part. Tout à coup l'un d'eux s'élève en immense cône isolé et nous

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