LE GOLFE DE CORINTHE
arrache un cri d'admiration. La gorge du Diacopton est la plus belle de toutes.
Sur l'autre rive, et dans le lointain, l'Hélicon lève son sommet boisé, où la poésie faisait délicieusement errer les Muses. Dans l'échappée de vue qu'il laisse au sud -est furent Leuctres, Platées et Thèbes, avec le souvenir de ses grands capitaines, Pélopidas et Épaminondas. Plus loin dans les terres, vers le nord-ouest, c'est le Parnasse avec ses deux cimes distinctes, où nous ne voyons pas de neige, bien qu'elles s'élèvent à deirâ mille cinq cents mètres de hauteur. Là régnait Apollon, et les Muses venaient l'y visiter auprès de la fontaine Castalie. Là sont les roches Phœdriades, d'où l'on précipitait les parjures. Là furent Delphes et le temple d'Apollon, qui s'élevait sur la plate -forme d'un rocher. Sur ses murs les sages avaient fait graver leurs plus belles sentences : « Connais -toi toi-même, » et encore : « Rien de trop. » Dans le sanctuaire, la pythie sur son trépied rendait les oracles qui dirigeaient les affaires de la Grèce.
Puis les deux rives se rapprochent. La ville que nous voyons avec ses murailles vénitiennes, sur la côte septentrionale, c'est Lépante, dont le golfe porte aussi le nom. Ses remparts crénelés s'élèvent jusqu'au sommet de la colline, pour y rejoindre un château fort sur un rocher qui se détache du Rigani, La fameuse bataille où, en octobre 1571 , don Juan d'Autriche écrasa la flotte des Turcs et arrêta pour toujours leur marche vers l'Occident, s'engagea beaucoup plus vers l'ouest,