LA NOUVELLE GRÈGE
En mer.
Tandis que le navire s'éloigne de ce beau pays de Grèce, nos yeux y demeurent irrésistiblement attachés. Adieu, terre de poésie, de vaillance, de génie, où tout a été si harmonieusement fait à la portée de l'homme, mais où l'homme eut le tort de se croire à la hauteur de Dieu. Tes grandeurs couvrent tes misères, et les siècles t'ont fait une auréole que , malgré toutes tes défaillances , tu as su conserver. Est-ce un mirage, effet de l'imagination, du soleil, de la gloire? Dans ta ruine tu nous as paru toujours belle, de cette beauté qui, flétrie par la main du temps et des hommes, dit quand même ce qu'elle fut aux jours de ses triomphes et garde jusque dans son irrémédiable décadence une séduisante majesté. Comme le Parthénon, mutilé mais superbe, la Grèce éblouit encore de ses vieilles gloires quiconque remue ses pierres, monuments élevés au courage, à la vertu, au patriotisme , marbres fouillés par le génie , trophées détruits qui redisent sous toutes les formes l'histoire héroïque d'un grand peuple.
Un journaliste grec, patriote enthousiaste, nous fait part de ses espérances, ou mieux de sa foi en l'avenir de la nouvelle Grèce. Cette nation aura