‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 207 sur 216 · ITHAQUE · texte numérisé non relu

ITHAQUE

encore de glorieuses destinées. Pour le prouver, il nous montre Missolonghi et évoque les souvenirs de Mavrocordato , de Botzaris et de tous ces braves qui, en 1825, ne pouvant soutenir plus longtemps la lutte, firent sauter la poudrière sur laquelle ils avaient attiré l'ennemi et s'ensevelirent avec lui dans une même ruine. Il n'est pas douteux qu'il y a dans cette race grecque un sang généreux, une intelligence très vive et de nobles aspirations. Malheureusement les Hellènes d'aujourd'hui sont aussi frivoles, aussi vaniteux, aussi inconséquents dans leurs relations politiques et envers leurs hommes d'État, que leurs pères du temps d'Aristide, de Démosthènes et de Phocion. Avec l'organisation des sociétés modernes, il est douteux qu'une nation puisse résister longtemps à une si regrettable versatilité.

La mer est splendide. Le soleil jette un dernier reflet sur la crête des montagnes. Nous laissons à gauche Céphalonie et plus au sud Zante. A notre droite les Échinades se dessinent à fleur d'eau comme une série de petits rochers ayant chacun son mur d'enceinte. A mesure que le soleil se cache derrière Céphalonie et Ithaque, les contours capricieux des côtes prennent des teintes sombres, les écueils ont des formes fantastiques, tandis que des nuages d'argent et de pourpre produisent dans les cieux l'effet de chars grandioses qu'emportent de gigantesques coursiers.

Ithaque, la patrie d'Ulysse, semble une île de fer avec deux points saillants à chacune de ses extré-

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