‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 208 sur 216 · LEUCADE · texte numérisé non relu

LEUCADE

mités. Le capitaine du bateau, grec aussi fier de son pays que le journaliste de tout à l'heure, nous indique les détails topographiques qui concordent avec les indications d'Homère : rochers escarpés, criques où le Phorcynis trouve sa place , flanc de la montagne où les Phéaciens déposèrent Ulysse endormi dans la grotte précédée d'un bel olivier, enfin, à l'intérieur des cavernes, stalactites superbes rappellant « ces tissus de pierre, œuvre des Nymphes », dont parle le poète. N'en déplaise à Homère et à sa poésie, l'aspect général de l'île est absolument sauvage. A mon avis, la plus éloquente démonstration de l'empire irrésistible que l'amour du sol natal exerce sur le cœur de l'homme est dans l'ardeur infatigable qu'Ulysse déploya pour retourner dans un si triste pays. Le port est au fond d'une anse. Nous pouvons en voir les maisons qui s'échelonnent au flanc de la montagne. Quelques bateaux touchent parfois à Ithaque pour y acheter de l'huile ou du vin , seules récoltes du pays.

Leucade ou Sainte- Maure est la dernière terre grecque que nous voyons. Elle nous rappelle le souvenir de Sapho, cette dixième muse de Platon :

Non formidata temeraria Leucade Sappho.

Du grand rocher qui s'avance là -bas, la célèbre inspirée se précipita, victime de son amour pour Phaon, et, disent les poètes, elle s'engouffra dans les flots en chantant sur sa lyre. Depuis, sous les yeux d'Apollon, dont le temple dominait la mer, des cri-

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