‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 21 sur 216 · UN SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

UN SANCTUAIRE

selon leurs propres lois. En dehors des relations commerciales qu'il fallait entretenir avec les Gentils, ils abhorraient de vivre à côté d'eux. N'est-il pas naturel qu'ils se fussent relégués en dehors des quartiers où les théâtres, les temples, les lieux de réjouissances devaient sans cesse troubler leur religion? Le fait qu'à l'orient de cette partie de la ville s'ouvrait le faubourg de Marc-Agrippa, protecteur officiel des Juifs, tandis qu'au nord courait la grande avenue d'Hérode, appuie cette hypothèse. Si on observe, en outre, que le mont au pied duquel nous sommes s'est appelé plus tard Stauris * (la Croix), tandis que la partie occidentale du Silpius fut nommée Orocassiadès , on pourra trouver assez plausible la tradition qui place ici un sanctuaire de l'Église primitive.

Toutefois je ne pense pas qu'il faille y chercher cette célèbre église, dite Y Ancienne (IlaXata), si chère aux fidèles , fondée par les apôtres , et mère des autres églises, comme dit saint Ghrysostome 2. Il a pu y avoir dès l'origine un oratoire , mais on n'y trouverait pas la place d'une église proprement dite , à moins que , les murs ayant été détruits , le terrain lui-même n'eût été entraîné par les pluies d'orage, laissant à nu les alentours du rocher. Sans admettre comme démontré que l'église dite Apostolique fût la maison même de cet excellent Théophile à qui saint Luc adresse son Évangile et

1 Procope, deJEdific. Justin., n, 10, et de Bello Persic, h, 6,

2 Ghrysost. Or., xn, in Act. et Chrome. Pasch., p. 584.

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