LES PREMIERS CHRETIENS
le livre des Actes, nous avons cependant dans Malala une indication qui nous détermine à la chercher en un point plus central que celui-ci, et près du Panthéon, à la rue du Singon où Paul prêcha tout d'abord1. Elle fut très certainement plus importante que le petit sanctuaire où nous sommes, car c'est à son entrée que saint Babylas arrêta l'empereur Philippe l'Arabe, en lui déclarant que sa place était dans le narthex avec les pécheurs. Nous savons en outre que, vers 361, tous les chrétiens de la communion de saint Mélèce s'y retirèrent pour se séparer des Ariens.
Quoi qu'il en soit, puisque de toute la vieille Antioche chrétienne il ne reste plus rien que cette grotte, vénérons-la. Il semble assez naturel qu'elle ait été le premier asile des serviteurs de Jésus- Christ. L'Église naissante aimait ces retraites silencieuses, loin du regard indiscret des méchants. C'est peut-être de là-haut, où fut la citadelle, que les soldats romains voyant les premiers fidèles se réunir à la faveur des ténèbres et apprenant qu'ils se liaient par des serments, comme des légionnaires, à un chef qui s'appelait Christ, les nommèrent Christiani, comme on disait : Cœsariani, Othoniani, Vitelliani, etc.. La terminaison aux, conservée dans le grec avot , semble marquer l'origine latine du sobriquet, qui allait être le titre de gloire de tant de générations. Ceux qui le
1 Jean Malala, Chron., lib. X. — Kr,pv£avTa êxe\ Trpcbxov
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