L'ANCIEN THÉÂTRE
nombreux tuyaux et des vases en terre cuite. Cela pouvait -il intéresser la question d'acoustique? Ce n'est pas probable.
Nous nous dirigeons vers l'Orccassiadès, partie occidentale duSilpius, et nous montons assez haut pour dominer la ville actuelle, jusqu'au point correspondant comme altitude à celui où nous nous étions placés avant-hier sur le Stauris, vers le cimetière latin. Les monuments publics de l'ancienne cité remontaient jusqu'ici. Des exhaussements de terrain, des restes de vieux murs sur lesquels on a élevé des masures, quelques bassins comblés, des conduits creusés dans le roc et amenant les eaux de Daphné et des montagnes voisines aux Lavacra de Trajan, d'Adrien, de Caligula, de César, mettent aussitôt en campagne notre imagination. Nous nous asseyons sous un bouquet de gigantesques lauriers , et nous contemplons en silence ce vaste champ où fut une grande capitale et où la moderne et misérable Antakieh s'abrite sous quelques cyprès, comme à la porte d'un tombeau.
Cette sorte de butte qui est à nos pieds, avec enfoncement semi-circulaire dans le rocher de la montagne, fut sans doute l'ancien théâtre. Les spectateurs étaient dans la situation où nous sommes nousmêmes, et par- dessus la scène, leur regard, selon l'usage, se reposait sur la ville et ses monuments. Les acteurs, en levant les yeux, voyaient le sommet du Silpius. C'est là et non près de la citadelle, où ils eussent été mal venus à forcer les remparts, que sous le règne de Gallien, vers 260, se mon-