LES ALENTOURS
il nous offre de monter sur sa terrasse, où il nous fait une leçon de topographie générale. Au nord c'est la chaîne du Taurus avec ses neiges étincelantes. A travers l'échancrure des monts les plus rapprochés passe le Gydnus. Il prend sa source sous de grands cèdres, des chênes et des platanes au flanc desquels grimpent des lierres et des houblons, et d'une roche crevassée il s'élance en innombrables jets. C'est sur les deux rives de ce fleuve et au milieu de la plaine que l'ancienne Tarse fut construite. Aujourd'hui le Gydnus passe à plus de cinq cents mètres à l'orient de la ville , soit que son cours ait été modifié par les canalisations multiples qu'il a subies, soit que Tarse actuelle ait été simplement réduite à sa partie occidentale d'autrefois. Des ruines que l'on voit dans le lointain, et que nous côtoierons avec la voie ferrée, rendent cette dernière hypothèse plus probable. Au midi, la plaine s'étend à travers vingt kilomètres jusqu'à la plage. Cette plage, très marécageuse, était jadis à peu près couverte par la nier et s'appelait le Regma. Une lagune principale y servait de port à la ville de Tarse. Le Cydnus était navigable. La mer s'est depuis longtemps retirée des terres, et celles-ci boivent en partie ou conservent à l'état stagnant les eaux du fleuve. Au nord-ouest on nous montre la montagne des sept Frères Dormeurs. La légende de ces persécutés qui s'endorment et se réveillent quelques siècles après, au milieu d'une société bien différente de celle qu'ils avaient connue, devait sourire aux mu-