SOUVENIRS
dont le mur d'enceinte était baigné par le fleuve. Est-ce dans le stade, une de ses dépendances obligatoires , que Paul enfant a vu courir et lutter ces athlètes dont il nous parle dans ses épîtres, et parmi lesquels un seul reçoit la couronne triomphale? Est-ce sous les portiques disposés autour de la masse centrale, et où étaient des chaires pour quiconque voulait enseigner, qu'il a entendu discourir les rhéteurs et les philosophes? C'est probable, car il y avait à Tarse un courant intellectuel auquel le jeune et ardent pharisien ne dut pas se soustraire. Cette population, dit encore Strabon, était passionnée pour la philosophie. Elle avait l'esprit si encyclopédique, qu'elle finit par éclipser Athènes et Alexandrie, comme centre universitaire, au temps des premiers Césars. Toute la jeunesse indigène aimait à s'y occuper de littérature et de sciences, et quand on avait complété son bagage de rhéteur ou de philosophe, l'usage était d'aller porter ailleurs le résultat de son travail. C'est ainsi que Rome fut envahie par les savants de Tarse. Bien que Paul ait reçu son éducation rabbinique à Jérusalem, tout porte à croire qu'il fut initié ici à la philosophie et à la littérature de la Grèce.
L'Agora fut aussi de ce côté et près du fleuve, puisque le peuple laissa Marc -Antoine siéger seul sur son tribunal, pour courir au-devant de Cléopâtre, qu'on voyait arriver en costume de Vénus dans une galère d'ivoire et d'or, dirigée par de petits amours qui ramaient sur le Cydnus, tandis que les zéphyrs soufflaient dans la voile de