‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 62 sur 216 · ADANA — MANDRAGORES · texte numérisé non relu

ADANA — MANDRAGORES

pousse pour mourir bientôt, fœnum tectorum quod priiisquam evellatur exaruit. Des poulets et des moineaux s'y poursuivent. Sur le soir un chien y pousse des lugubres gémissements.

La ville a tous les inconvénients de celles que nous avons vues jusqu'à ce jour dans cet Orient sans civilisation et plein de misère : pavé affreux quand il existe, maisons délabrées et mal bâties, rues sales et bazars médiocres. Avec cela pas de souvenirs importants. Toutefois la population, fortement charpentée, alerte, entreprenante, y est bien de la race de ces pirates ciliciens qui ont donné tant de peine aux protecteurs de l'ordre public autrefois et aujourd'hui, depuis Pompée et Cicéron, jusqu'à Dervisch - Pacha en 1866. Nous regardions tout à l'heure des hommes dirigeant leurs radeaux au tournant rapide du Sarus. C'est le type accompli des écumeurs de mer, et le seul souvenir du passé qui demeure ici. Adana existait pourtant à l'époque de Xénophon.

Nous nous amusons à examiner des mandragores mises en vente chez un tailleur. La mandragore, c'est le petit homme planté qu'on n'osait pas arracher au moyen âge, parce qu'il poussait des gémissements, mais qui devenait un talisman bien utile pour quiconque le possédait. On sait que la racine de la mandragore affecte les dispositions du corps humain, sans en excepter la barbe et les cheveux; aussi l'a- 1- on appelée la plante à forme humaine. Les anciens lui attribuaient le pouvoir de faire cesser la stérilité de la femme, et l'Écri-

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