LYCIE
trouvait un pilier isolé supportant la statue du dieu. On pouvait y descendre par un escalier circulaire. C'est de ses profondeurs que montaient les réponses de l'oracle.
Un point blanc , qui brille comme une étoile au milieu des teintes sombres de ces terres volcaniques, est la grande stèle en marbre de Paros élevée sur la pente orientale des hauteurs où fut jadis la grande et belle ville de Xanthus. C'est là que les Anglais ont pris les superbes débris de l'art lycien qui ornent le British Muséum. Ce qu'ils y ont laissé, murs, théâtre, sarcophages, stèles, monuments avec inscriptions lyciennes, offre à la science le plus vif intérêt. Deux fois, au temps de Cyrus et de Brutus , les habitants de Xanthus brûlèrent toutes leurs richesses dans la citadelle, et se vouèrent à la mort plutôt que de se rendre.
La nuit tombe. Le pacha vient de finir son repas, d'ailleurs fort modeste et partagé avec son secré-, taire et son iman. Il est seul à table ; les deux autres se tiennent assis à distance. De temps en temps il leur offre de sa propre main une boule de riz ou un morceau de viande. Un serviteur attend avec une aiguière pour les ablutions réglementaires après le repas. C'est le même qui fera la toilette de ses pieds , quand il devra se coucher. Un autre balance dans une cassolette le feu qui servira à allumer la cigarette respectueusement présentée par un troisième sur le revers de la main droite. Un quatrième allume un vaste narguileh, car on ne sait pas ce que, sur sa digestion, le gouverneur