BAZARS
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peu près damasquin d'origine et connaissant parfaitement sa ville, tient à nous faire voir avant tout les bords du Barada. Un grand fleuve au milieu d'une cité, quand on arrive de l'aride Palestine, est assurément un spectacle digne de notre admiration. De Bab-Thoûma jusqu'à Bab- Faradj, la promenade est délicieuse. Sur ces eaux fraîches et limpides, au milieu des platanes, des trembles et des saules pleureurs, quelques jolis cafés et de coquettes maisons aux murs bordés de jaune et de blanc avancent leurs gracieux balcons. Des amateurs y fument nonchalamment le chibouk ou le narguileh, tandis qu'au-dessous d'eux des cygnes blancs se jouent dans le courant rapide.
Le premier monument public que nous atteignons, c'est le Château. Cet édifice rectangulaire, bâti avec les ruines de l'ancienne Damas, offre avec ses douze tours à mâchicoulis un aspect imposant. Intérieurement, il n'est qu'une misérable ruine. En le contournant, nous admirons un gigantesque platane de quinze mètres de pourtour. Il est creux. Un saint Arabe y a habité longtemps. Mais déjà le tumulte des marchands nous envahit, et nous ne tardons pas à entrer dans l'interminable série de bazars où tous les corps de métiers, fabricants de soieries, brodeurs, cordonniers, parfumeurs, selliers, libraires, armuriers, orfèvres, marchands de comestibles et de tabac étalent leurs produits. Par ce côté, Damas est encore ce que nous avons vu de plus pittoresque. Quelques-uns de ces bazars
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