LA GRANDE MOSQUEE
heure, les chrétiens le transformèrent en une église dédiée à saint Jean-Baptiste. D'après une inscription grecque, retrouvée il y a un demisiècle, cette église fut restaurée par Arcadius, fils de Théodose. Dans le mur méridional, le plein cintre dénote visiblement l'oeuvre d'architectes chrétiens. C'est aujourd'hui une des plus belles mosquées de l'Orient. Le khalife Oualid Ier, qui au commencement du huitième siècle l'orna, disait à ses sujets : « Vous avez quatre merveilles de plus que le commun des hommes : l'air, l'eau, les jardins et leurs fruits. Je vous en donne une cinquième, c'est la Grande Mosquée. » Elle occupe la partie méridionale d'un quadrilatère long de cent cinquante mètres de l'orient à l'occident, et de cent du nord au sud, mais ne mesure elle-même que trente-huit mètres de large. Deux rangées de colonnes corinthiennes la divisent en trois nefs cintrées et coupées du nord au sud par un transept au milieu duquel s'élève un dôme superbe. C'est sous ce dôme, à gauche du mihrab, que dans un tombeau protégé par une balustrade en cuivre, et couvert de tapis richement brodés, les musulmans prétendent conserver la tête du Précurseur. Le pavé est de marbre, ainsi que le revêtement des murs du transept et des piliers. Dans la vaste cour, des colonnes de granit, restes de l'ancien temple, soutiennent les arceaux d'une large galerie qui règne au nord, à l'est et à l'ouest. Une fontaine pour les ablutions, surmontée d'une coupole octogonale, s'élève au milieu de ce parvis. Trois