‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 110 sur 334 · MOSQUÉE. — MAISON DE JUDAS · texte numérisé non relu

MOSQUÉE. — MAISON DE JUDAS

minarets disent orgueilleusement à la ville entière le triomphe du Coran. Cependant une main chrétienne avait écrit sur la porte qui s'ouvrait à l'extrémité du transept de la vieille église : « Ton royaume, ô Christ, est un royaume éternel, et ton règne dure a travers toutes les générations. » Aux panneaux de la porte de bronze, qui ferme l'entrée orientale, nous admirons deux calices en relief. Ce n'est pas l'islam qui les a ciselés, mais c'est lui qui les possède. La vieille cité où Paul débuta comme prédicateur, annonçant d'abord d'enthousiasme ce qu'il sentait au lendemain de sa conversion, et raisonnant trois ans après, au retour de sa retraite en Arabie, ce qu'il s'était logiquement démontré à lui-même, n'est plus, depuis de longs siècles, une ville chrétienne. Les souvenirs du grand apôtre y sont morts, et, malgré la succession régulière des évoques, malgré l'existence de communautés religieuses, catholiques, grecques ou arméniennes qui n'ont jamais complètement cédé la place aux musulmans, il faut, quand on les recherche, s'en remettre à des traditions incertaines, sinon contradictoires.

La maison de Judas, <•<■ juif chez qui le nouveau converti fut conduit par ses compaguons de voyage, et où il passa trois jours, aveugle, sans manger ni boire, nous est indiquée dans la rue Es-Soultany. C'est l'ancienne rue Droite, aujourd'hui fort tortueuse, mais dont on peut retrouver la direction régulière à travers les maisons modernes bâties sans ordre et cachant l'antique

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