LA VILLE
tanes où d'innombrables cbrétiens furent pendus lors des massacres de 18G0.
Les rues de la ville» sont moins sales que dans le reste de l'Orient. On dit féerique l'intérieur des maisons, que nous trouvons fort médiocres au dehors. Les cours, environnées de portiques et plantées d'orangers, y ont, parait-il, des vasques de marbre où de superbes jets d'eau, jaillissant au milieu des massifs de roses et de myrtes, rafraîchissent l'atmosphère. Des perdrix et des oiseaux familiers y voltigent agréablement. Le type de la population est remarquable. Son caractère est peu commode, si l'on en croit le proverbe Chami, choumi : « Damasquin, coquin. »
Du haut de la terrasse des Pères, nous contemplons une dernière fois le paysage. La ville et ses vastes faubourgs se déroulent à nos pieds, sillonnés de rues capricieuses et étroites qui se coupent', s'entremêlent et forment le dédale le mieux réussi. D'innombrables mosquées, bâties souvent eh pierres noires et blanches gracieusement alternées, arrondissent harmonieusement leurs blanches coupoles et élèvent vers le ciel une forêt de hardis minarets. Au centre, la Grande Mosquée domine tout le reste, comme un aigle qui déploie ses ailes, et dont le dôme haut de quarante-cinq mètres serait la tête. Entourée de sa riche ceinture de jardins, la grande cité est vraiment belle, mais un khamsin énervant vient de se lever et commence à la couvrir d'une brûlante poussière. Il coupe court à notre contemplation et à toute poésie. Le désert doit