‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 119 sur 334 · LA VILLE DE TRIPOLI · texte numérisé non relu

LA VILLE DE TRIPOLI

sous le poids des fruits les plus beaux et les plus exquis. Nous n'avons pas à lutter comme Hercule pour conquérir ces pommes d'or. Nos charitables Ilespérides les choisissent et nous les offrent. Le consul et M. Imbert nous surprennent au milieu de ce repas matinal. Volontiers j'exprime à celui-ci nos impressions sur les derniers événements de Damas et les dangers que court le protectorat français en Syrie. C'est un homme droit et clairvoyant. Nous reprendrons cette conversation sur le paquebot. Maintenant c'est à la Mère Ramel de s'emparer de lui et d'obtenir les soixante mille francs nécessaires à une construction qu'elle rêve, et que la France se doit à elle-même de ne pas refuser.

Tandis qu'on se met en fête dans la communauté à notre occasion, nous allons visiter les Lazaristes qui sont invités à déjeuner avec nous, les Frères des Écoles chrétiennes qui s'installent à peine, les Franciscains que nous ne voyons pas, la ville, le Nahr-Kadicha, la Tekkeh des derviches et le château.

La ville a des bazars largement pourvus de savon, de passementeries et d'épongés. Ses rues, qui serpentent sous des arcades perpétuelles, ne ressemblent guère à ce que nous avons vu jusqu'ici. Les bords du fleuve sont pleins de sites ravissants, et je ne connais rien de plus pittoresque dans ces contrées que le joli couvent des derviches tourneurs, avec sa blanche coupole et ses gracieux avant-corps encadrés dans la verdure et précédés d'une terrasse dont

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