LE CHATEAU
le fleuve baigne les pieds. Le château de Saint- Gilles, avec ses tours rectangulaires nues et tristes, me rappelle celui des papes à Avignon. Il en a la sévère majesté. Nous y arrivons par un sentier d'où les échappées de vue sur le couvent des derviches et la vallée du fleuve sont ravissantes. Parvenus au sommet, nous nous reposons un moment à l'ombre du vieux donjon crénelé, sous la gueule de canons rouilles qui ne tonnent plus. Il fait bon contempler de ces hauteurs la petite plaine couverte d'arbres, de fleurs et de fruits, encadrée par la mer, le fleuve et la montagne, sillonnée par mille petits cours d'eau semblables aux mailles d'un vaste fllel qu'El-Mina semble tirer à lui. Sur la colline qui enserre le nord de la ville, des maisons de campagne sont échelonnées parmi des bouquets d'arbres et de cactus. A nos pie.ls, Tripoli se groupe avec ses édifices percés de nombreuc et coquettes ouvertures. Quelques coupoles et de rares minarets dominent les terrasses brûlées par le soleil. Nous écoutons volontiers le P. < '. uillermin faisant le panégyrique <!<• ce brave Raymond IV, comte de Toulouse et due de Narbonno, un compatriote, vaillant Croisé, qui refusa deux fois la couronne de Jérusalem, et préféra mourir pieusement et modestement dans son Châtel-Pèlerin de Tripoli. Comme notre nation française a eu la magnanimité facile et de grands cœurs à semer partout! Autrefois les Croisés, aujourd'hui les Filles de la Charité, tous fruits d'une même sève que les années
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