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troupoaux du Père des Croyants se désaltéraient autour de l'immense réservoir! Béthel fut un des sites les plus vénérables de l'Ancien Testament. Nous nous remettons en mémoire les grands souvenirs qui s'y rattachent. Ici Abraham, quittant les chênes de More, dressa ses tentes et éleva un autel à Jéhovah en invoquant son nom. Jusqu'ici il remonta, en revenant d'Egypte, pour s'y établir sur le campement où il avait déjà une fois sacrifié à l'Éternel. Il y invoqua le Dieu Très-Haut et y reçut la promesse d'une innombrable postérité. Dès lors le lieu était irrévocablement consacré; et quand Jacob, fuyant la colère d'Esaii, s'y endormit un soir, la tête appuyée sur une de ces pierres qui couvrent la montagne, Dieu se montra à lui au sommet de l'échelle qui allait de la terre au ciel et où les anges montaient et descendaient, symbole visible de la protection perpétuelle que Jéhovah promettait à son serviteur et à sa descendance. Le patriarche, saisi d'une sainte frayeur, s'écria : « Le Seigneur est ici et je ne le savais pas! Que ce lieu est redoutable! C'est la maison de Dieu, la porte du ciel ! » Et quand le matin il s'éveilla, relevant la pierre dont il avait fait son chevet, il la dressa en guise de stèle et versa de l'huile sur son sommet, comme sur un autel. Il donna à ce lieu le nom de Béthel, Maison de Dieu, mais la ville s'appelait Louza. Plus d'une fois depuis Dieu et Jacob réitérèrent ici leur alliance, et autour de l'antique cromlek les enfants d'Israël aimèrent plus tard à s'assembler
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de solennelles résolutions, et s'y soumettre au jugement des hommes de Dieu. Aussi, quand Jéroboam voulut consacrer le schisme des dix tribus et les empêcher d'aller retrouver à Jérusalem les descendants de David, des deux sanctuaires qu'il éleva dans son royaume, l'un au nord fut à Dan, et l'autre, vers la limite méridionale de ses États, au lieu le plus célèbre dans la tradition religieuse d'Israël, à Béthel même, et sans doute sur la montagne consacrée par le souvenir des patriarches. Là-haut il établit donc un veau d'or avec un collège des prêtres pour entretenir le culte idolâtriqne, et, donnant luimême l'exemple de l'apostasie, on le vit au milieu d'une fête montera l'autel pour y offrir des parfums au dieu importé de l'Egypte. C'est alors qu'un homme venu de Juda sortit tout à coup de la foule en criant : « Autel, autel, voici ce que dit le Seigneur : Il naîtra un fils dans la maison de David. Sun nom sera Josias, et il immolera sur toi les prêtres des hauts lieux qui brûlent des parfums. Sur toi l'on bridera des ossements humains! Pour preuve voici le signe de Jéhovah : l'autel Va se fendre, et la cendre qui est dessus sera aussitôt répandue. » A cette foudroyante malédiction, le roi étendit sa main en disant : u Saisissez-moi cet homme! » Mais sa main se dessécha aussitôt et il ne pouvait plus la ramener à lui. En même temps l'autel se fendait, la cendre tombait à terre, et Jéroboam effraye'' demandait au prophète et obtenait, sans l'avoir mérité, que l'usage de sa main lui fût rendu.
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A son heure, Josias arriva pour briser et brûler l'idole. Dans ces grottes sépulcrales qui couvrent le flanc de la colline, il lit ramasser des ossements humains et les brûla sur l'autel, le souillant ainsi avant de le détruire. Il voulut qu'on respectât la tombe de l'homme de Juda qui avait crié contre l'autel, et dont la fin avait été tragique. On sait comment, après avoir résisté aux instances du roi, qui voulait le retenir à sa table, le malheureux prophète se laissa gagner par un ancien de Béthel. qui se dit prophète comme lui. Il revint sur ses pas pour manger du pain et boire de l'eau, malgré la défense expresse de Dieu. Or, quand il voulut rentrer chez lui, il trouva sur sa route un lion qui le tua, sans le dévorer. Immobile à côté du mort et de son âne, gardant sans y toucher cette double proie, le terrible animal par son attitude semblait dire aux passants : « Je suis la justice de Dieu. » Le vieux prophète de Béthel sella une seconde fois son âne et rapporta dans sa maison le cadavre de l'homme qu'il avait détourné de son devoir. On pleura sur lui en disant : « Hélas! mon frère! » Puis l'ancien dit à ses fils : « Quand je serai mort, je veux être enseveli dans le sépulcre où nous allons mettre l'homme de Dieu. Je demande que mes os reposent à côté des siens. »
Un paysan vient nous prier d'aller voir dans sa terre un tombeau qu'il a récemment découvert. La voûte en est supportée par un énorme pilier, et il renferme deux sépultures pareilles que l'on n'a pas ouvertes. Malheureusement le
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soleil baisse, et il n'est plus possible d'arriver jusqu'à cette trouvaille. Cependant, si c'était là que dorment les deux prophètes? Quel regret de n'avoir pas encore une heure à dépenser!
En regagnant nos véhicules nous sommes suivis par une nuée d'enfants moins désagréables, à vrai dire, que ceux d'autrefois criant ici à Elisée : « Monte, chauve! monte, chauve! « Ils se contentent de répéter à perte d'haleine : « Baghchich! baghehich! » C'est plus poli, mais fort assourdissant. Au reste, puisqu'ils ne méritent pas des ours, comme leurs devanciers, supposons qu'ils méritent le baghehich et exécutonsnous.
Amos fut prophète de Dieu dans Béthel. Il a dit :
Ne cherchez pas Béthel,
N'allez pas à < ialgala
Ne passez pas à Bersébo '
Car Galgala sera captif
I i Béthel anéanti.
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Oui, tellement anéanti qu'il n'eu reste rien.
En une heure, nous arrivons à Gifné, où le curé latin nous attend. Le vallon qui mené à la petite ville esl assez frais pour entretenir parmi ses vignes des poiriers, des pommiers et même des noyers. Les habitants sont déjà sur les terrasses à respirer La brise du soir. Les chiens nous font une ovation bruyante. Chose étrange, on ne voit jamais aucun do ces animaux à travers champs ou à la suite de son maître. Probablement l'Arabe ne veut pas de ce compagni n
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