POLIS
le grand bâtisseur de cités royales, avait édifié Antioche, on n'en racontait pas moins qu'un aigle, emportant les chairs de la victime offerte à Jupiter Céraunus, avait daigné en marquer la place. A en juger par les éclats du tonnerre qui gronde depuis hier, le Dieu de la foudre, s'il voulut maintenir son peuple sous l'impression d'une sainte terreur, n'avait pas mal inspiré son oiseau favori. On sait que les monnaies des Séleucidcs portent fréquemment l'oiseau de Jupiter armé de la foudre. Adrien étant monté sur le Casius pour voir lever le soleil, y fut assailli par un orage semblable à celui-ci, et le feu du ciel, pendant qu'il sacrifiait, dévora le victimaire et la victime.
Afin de varier notre contemplation à distance, nous nous retournons au sud, vers les hauteurs où la tempête se déchaîne avec une recrudescence de fureur inouïe. Les vieux remparts avec leurs tours démantelées produisent sur les sommets du Silpius, à la lueur de la foudre, le plus fantastique effet. L'eau descend en cascades effrayantes à travers les roches sombres. Sur notre droite, là où les ruines sont visiblemenl amoncelées, fut Iopolis, avec le temple de Jupiter Céraunus, le maître du tonnerre. Dans l'un des rochers qui se détachaient de l'énorme masse calcaire, un artiste avait taillé la tête gigantesque appelée Charonion. Au temps d'Antiochus Épiphane, la peste ravageait la cité. Le hiérophante Leïos déclara que, pour apaiser le ciel, il fallait sculpter sur ce sommet abrupt la hideuse figure
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