‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 147 sur 334 · FORUM · texte numérisé non relu

FORUM

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leur regard, selon l'usage, se reposait sur la ville et ses monuments. Les acteurs, en levant les yeux, voyaient le sommet du Silpius. C'est là et non près de la citadelle, où ils eussent été mal venus à forcer les remparts, que sous le règne de Gallien, vers 260, se montrèrent tout à coup les archers de Sapor, pendant que le peuple riait follement au spectacle. L'acteur, en scène avec sa femme, s'arrêta stupéfait et jetant à l'auditoire avec un suprême effroi ces trois mots : « Ou je rêve, ou voilà les Perses! » se fit applaudir à outrance par le peuple, qui, croyant cette digression dans le rôle, attribua au talent de l'artiste ce qui était l'expression trop réelle de la frayeur inspirée par l'imminence de la mort. Les flèches des Perses, tombant aussitôt comme la grêle, vinrent donner aux spectateurs le secret d'un cri si naturel. Ils moururent en masse, cloués sur leurs fauteuils. La crête de la montagne surplombe assez le lieu où nous sommes pour expliquer l'horrible massacre.

En rejoignant d'ici, par la rue de Tibère, la Porte du Milieu, on descendait vers ce Forum qui avait vu, à côté des capricieuses agitations du peuple acclamant ou bravant par de malignes invectives les maîtres qui passaient, un spectacle douloureusement sublime et dont le souvenir m'est resté en mémoire, car ce qu'on a lu dans la langue inimitable de Tacite ne s'efface plus. Germanicus était mort empoisonné par ordre de Tibère, et les peuples et les rois pleuraient ce grand homme qui, par sa fin prématurée, rappe-

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