A MIOCHE AU TEMPS DES APOTRES
frivolo, lui offrait de nouvelles sources péniblement cherchées sur les sommets du Casius et créait de nouveaux thermes où, avec un raffinement de luxe inimaginable, la ville corrompue allait chercher dans des bains prolongés, non pas un renouveau de jeunesse, comme elle le pensait, mais la décrépitude d'une vieillesse prématurée, ainsi que le disait si bien Apollonius de Tyane. Jules César avait amené, par un aqueduc venant de la route de Laodicée, des eaux très abondantes jusque dans l'acropole. Le réservoir circulaire qu'on y voit encore est sans doute de cette époque.
Quelle agitation fiévreuse nous aurions contemplée d'ici, il y a dix-huit siècles! Sur l'Oronte sillonné de barques, les rameurs emportaient vers la mer les richesses de l'Orient, ou en ramenaient les maitres que l'Occident envoyait à la ville conquise. Entre les colonnades d'Hérode, les chars roulaient vers le cirque, des esclaves portant leurs maitres sur des litières couraient, les chevaux piaffaient; au forum la fourmilière humaine vendait, achetait, traitait ses affaires; à la porte de Daphné un cortège sacré s'acheminait, avec des victimes, vers les bois de lauriers qui conduisaient au temple d'Apollon; dans la basilique de César on rendait la justice, et des poètes disaient des vers; au Muséum, les maîtres de la littérature enseignaient l'art de la parole; autour des thermes, des joueurs de flûte se livraient à des danses lascives; au théâtre, la foule passionnée applaudissait; au temple de
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