COURS ANCIEN DE L'ORONTE
conduisent directement à l'ancienne porte de Daphné et indiquent l'entrée de cette fameuse rue des Portiques, qui se continuait vers l'orient jusqu'à la porte de Saint-Paul.
Pour nous remettre de notre course matinale, le frère cuisinier du couvent nous a accommodé de diverses façons un lièvre du pays. C'est une pièce énorme. On l'a payée une piastre, vingtdeux centimes. Elle ne vaut pas davantage.
Antioche, dimanche soir.
M. Toselli est encore notre guide. A travers les rues tortueuses et le bazar très insignifiant de la ville, après avoir laissé à gauche la porte du Pont, nous nous dirigeons au nord, vers les arasements des vieux remparts, sur les bords de l'Oronte. Il est aisé d'observer ici une longue dépression de terrain formant une immense courbe en sens inverse de celle du fleuve actuel. Sur toute cette ligne semi-circulaire, les moissons se balancent plus hautes et plus vertes, signe d'une couche d'alluvion très intense. Nous sommes certainement en présence du lit primitif qu'occupa l'Oronte avant qu'on ait creusé au nord le canal qui est devenu son lit actuel, et qui avait été seulement destiné à entourer d'eau le troisième quartier d'Antioche en formant une île. Dès l'origine, en effet, l'Oronte dut recueillir les eaux qui descendaient de la montagne et qui maintenant entretiennent ici un marais perpé-
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