TOUJOURS ALEXANDRETTE
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trompez pas, ma mère, dit le vainqueur, car celui-là est aussi Alexandre. » Cent mille cadavres étaient entassés dans la petite plaine et les défilés des montagnes. Les aigles de l'Amanus et les fauves furent approvisionnés pour de longs
jours.
J'aime à m'asseoir sur cette route. C'est celle qui par terre allait directement d'Antioche à Tarse. Barnabe et Paul y sont passés.
Mardi 24 avril.
Nous nous morfondons à regarder la mer pour y saluer un navire libérateur. Rien à l'horizon. Le Khédivié, qui devait passer samedi, a brûlé Alexandrette pour filer droit sur Mersina. Au reste, chaque jour des orages terribles éclatent le long de l'Amanus et s'étendent jusqu'à l'Hermon, où une caravane de trois jeunes Angevins, que nous avions déjà rencontres, vient d'être ensevelie sous la neige, laissant un moukre mort et trois autres avec les extrémités congelées. La Providence nous protège visiblement. Dimanche, nous avions tout réglé pour partir. Nous devions traverser en barque le golfe jusqu'à Baïas et prendre de là des chevaux jusqu'à Adana. Le ciel s'est couvert assez tôt pour nous empêcher de mettre à la voile. Deux heures plus tard, nous étions pris par une tempête épouvantable.
Le spleen me donne la fièvre, et nous sommes sans linge pour nous approprier, presque sans
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