‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 17 sur 334 · SM · texte numérisé non relu

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conversation? De Sichcm? Assurément non. Sychar n'est pas Sichem. D'abord on ne doit pas admettre une transformation du vrai nom de la ville en misérable sobriquet. Il était dans l'esprit et dans la langue de l'Évangile d'exclure tout ce qui pouvait blesser même des Samaritains. Lorsque Etienne, parlant devant le sanhédrin, est amené à nommer cette ville, il l'appelle très exactement Sichem, et on ne trouve pas dans le Talmud, où pourtant les Samaritains sont peu ménagés, un seul passage indiquant cette méchante modification de nom. D'ailleurs Sichem, même en supposant qu'alors elle s'étendît plus à l'orient, était beaucoup trop loin du puits de Jacob, et assez bien pourvue de belles sources pour qu'une femme, au moment de la forte chaleur, vers midi, à l'heure du repas, n'eût pas à aller chercher de l'eau à deux kilomètres de distance. La supposition que notre Samaritaine venait ici, au milieu du jour, par dévotion, est particulièrement amusante sous la plume des protestants qui l'ont émise. On sait que la malheureuse femme avait d'autres cultes que celui des reliques, fussent-elles du patriarche Jacob. En examinant de près le texte de saint Jean, il est évident qu'il ne peut y être question d'une ville célèbre et considérable comme l'était alors Sichem, la métropole des Samaritains. Une femme n'aurait pas suffi à y répandre si rapidement la nouvelle que le Christ était là, encore moins à persuader à tout le monde qu'elle disait vrai. Enfin la conversion en masse des Siché-

SYCHAR

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mites eût pris dans l'histoire évangélique une importance que rien n'établit.

Il faut donc songer à quelque localité dont le site est depuis longtemps perdu. Ne la cherchons ni sur la pente du Garizim, aux pieds duquel les sources abondent, ni dans la gorge qui mène à Sichem, où l'Aïn-Daphné et les magnifiques eaux de Balatah dispensaient d'aller à un puits profond et lointain, ni sur le versant de l'Ébal où Askar, village et non pas ville, dont le nom n'a rien de commun avec Sychar, possède également une belle fontaine qui arrose largement tous ses jardins. La belle voûte cintrée et le canal parfaitement bâti où elle coule prouvent qu'elle est ancienne. Les habitants d' Askar n'ont jamais eu à chercher de l'eau hors de chez eux.

Si, au contraire, nous nous tournons vers l'orient, les soun-es manquent à peu près partout. Deïr-el-llalab et Salem, jadis bourgs de quelque importance, n'ont guère que des citernes desséchées et vont s'approvisionner à une source coulant vers le nord-ouest dans une auge qui fut probablement un sarcophage. Toutefois ni l'une ni l'autre de ces deux localités ne fut Sychar. Elles sont trop loin d'ici. Mais n'y a-t-il pas eu jadis une petite ville beaucoup plus rapprochée, au sud du puits de Jacob? Des ruines visibles à travers les hautes herbes et les vertes moi-sous répondent affirmativement. On nomme ce site Ed-Douarah. Co fut une bourgade importante, car de là sont sorties assez de pierres taillées pour bâtir une caserne à Naplouse, et plusieurs

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