‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 18 sur 334 · LA SAMARITAINE · texte numérisé non relu

LA SAMARITAINE

fûts monolithes de granit, couchés à terre, attestent sa prospérité passée. Des lignes jaunes dans la moisson plus maigre là où sont les arasements des murs, nous indiquent cpue la ville arrivait à deux cents mètres environ du puits de Jacob. Or, on ne voit pas qu'elle ait eu des sources jaillissantes. Le nom actuel de ses ruines ne nous dit rien, mais les considérations exégétiques que je viens de faire valoir me persuadent que Sychar a dû être là.

En relisant le quatrième chapitre de saint Jean, on se sent pris d'une vive admiration pour le Maître qui, avec tant de charité, daigna faire ici le catéchisme à une femme. C'est une des pages de l'Evangile où, par tous les rayonnements de l'esprit et du cœur, Jésus a le plus laissé voir le Dieu dans l'homme. Les justes et les pécheurs ne la lisent jamais sans éprouver, ceux-là une douce joie, et ceux-ci de salutaires regrets. Si le puits du patriarche ne donne plus d'eau au voyageur, la parole de Jésus continue à désaltérer l'humanité haletante et à lui offrir la vie éternelle.

La femme, bouleversée par ces accents, qui n'étaient pas de l'homme, saisie par cette parole large et miséricordieuse comme Dieu qui annonçait le pardon et renversait toutes les barrières entre les peuples pour inaugurer le règne universel de l'esprit, laissa là sa cruche, et courut à Sychar annoncer la vertu prophétique de celui qui venait de l'humilier si heureusement pour la sauver. Les Samaritains d'alors se convertirent. Ceux d'aujourd'hui attendent encore le Messie,

?;cv»

Page 1