‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 178 sur 334 · LE CYDNUS ET ALEXANDRE · texte numérisé non relu

LE CYDNUS ET ALEXANDRE

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pas indifférents. C'est en se plongeant, tout couvert de sueur, dans ses eaux glacées, qu'Alexandre contracta subitement la fièvre pernicieuse qui faillit l'emporter. A Tarse eut lieu cette mémorable scène où le jeune conquérant, avisé par une missive de Parménion qu'il allait être empoisonné par son médecin Philippe, montra si courageusement sa foi en l'honnêteté humaine. Acceptant sans hésiter le breuvage que Philippe lui présentait, il se contenta de lui tendre la lettre qu'il avait cachée sous son oreiller; et, tandis que le médecin en prenait connaissance, il se mit à vider jusqu'à la dernière goutte la coupe que des amis pleins d'un zèle mal avisé croyaient devoir lui être fatale. Cependant Philippe, indigné, avait jeté la lettre et son manteau à terro en criant : « Puisqu'il faut vous sauver pour me sauver moi-même, laissez-moi faire, et les méchants seront confondus. » Alexandre lui tendant la main, se contenta de dire : « Tu vois que je n'ai pas peur. » Quelques jours après il reprenait le cours de ses exploits et gagnait la bataille d'Issus. Le Cydnus actuel a deux branches principales qui se subdivisent à l'infini. Son cours est profond et rapide. 11 fait marcher quelques moulins assez bien établis. Ses eaux, que nous goûtons, sont froides et crues. Il serait imprudent d'en boire à son aise. Une large cascade que nous atteignons sitôt après offre le plus joli coup d'ceil. Un bras du fleuve y tombe à travers des roches abruptes, sur une largeur de cinquante mètres, creusant des ponts naturels, passant au-

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