LE TAURUS
nirs de vieille ville. On appelle cette ruine la tour de^ Sainte-Hélène. Ces briques romaines sontelles les restes de quelque cirque ou d'une construction chrétienne ? Nous ne saurions le préciser. Sur notre gauche, le panorama du Taurus se déroule dans toute sa splendeur. Vers le soir, ces grandes montagnes ont des teintes ravissantes. Au sommet, les neiges scintillent sous les derniers rayons du soleil; plus bas, des masses rocheuses se dessinent en tons violacés d'une inimitable harmonie et rejoignent, là où la terre est boisée, une longue ligne sombre qui, -du levant au couchant, sert de soubassement à l'immense massif. Par intervalle, des échancrures à pic semblent taillées pour servir de monumental escalier à des géants qui habiteraient ces inaccessibles hauteurs. Sur un autre point du paysage, une gracieuse dentelure de crêtes régulièrement festonnées ondule sur le ciel bleu, tandis que, plus près de nous, des collines cultivées s'élèvent graduellement et vont s'appuyer au Taurus comme d'immenses contreforts. A leur versant méridional, et non loin de nous, de petits villages sont dispersés çà et là, comme autant de centres de vie agricole où quelques Européens, des porte-chapeaux, comme disent les Turcs, n'ont pas craint de s'installer. Jusqu'à Adana la plaine est soigneusement cultivée, phénomène rare en Orient, et que du fond de notre wagon nous nous prenons à admirer.
A six heures, nous arrivons chez les PP. Jésuites, escortés non par les jeunes élèves qu'ils
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