LA FETE DU SULTAN
Adana, vendredi 27 avril.
C'est aujourd'hui fête civile, l'anniversaire de la naissance du sultan. Au coup de canon qui retentira vers une heure, il faudra, avec le P. Chartron, aller faire notre visite au pacha. Les grands personnages de la ville, au nombre desquels on veut bien nous compter, sont tenus à cette marque de déférence.
La matinée se passe à voir quelques ateliers où l'on tisse le poil de chèvre ou de chameau, métier qu'avait choisi saint Paul, et à causer avec le directeur général des postes, un ancien officier français qui nous raconte des cilles plus intéressantes sur Aïas et ses vieux sarcophages, sur Missis l'ancienne Mopsueste, Ana/arbe ou Juslinianopolis et son enceinte byzantine en fer à cheval, enfin sur Sis, l'ancienne capitale des rois d'Arménie. Qu'il y aurait à voir et à étudier en B'enfonçant dans les terres à travers des pays si pleins de Bouvenirs! Un jour viendra, je l'espère, et il n'est pas loin, où des colons européens, avec des pioches et des fusils, car ici l'un et l'autre sont nécessaires aux pionniers de l'agriculture, supplanteront ces Turcs paresseux, et feront germer de riches moissons dans ces plaines arrosées par le Sarus et le Pyrame, et néanmoins si délaissées, que le sultan a voulu les vendre à huit francs l'hectare. Ce qui tue ce pauvre pays, c'est Constantinople, ou mieux ce qui manque à Constanti-