‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 186 sur 334 · LA PROPRIÉTÉ EN CILIGIE · texte numérisé non relu

LA PROPRIÉTÉ EN CILIGIE

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nople, un gouvernement. La propriété ne vaut qu'à la condition d'être protégée. Les hommes ne sont forts qu'abrités par les lois. Les lois ne sont bonnes qu'avec des tribunaux. Les tribunaux ne valent que par l'intégrité des juges. Derrière les juges il faut des gendarmes. Or il n'y a ici rien de tout cela, ou mieux tout est ici tellement vénal, qu'il faut vivre et se défendre comme s'il n'y avait rien.

Puisque les fonctions publiques se donnent, non pas au mérite, mais au plus offrant, nous nous demandons, en allant voir le pacha, combien il a dû payer son pachalik, et combien il revend lui-même les charges subalternes dont il est le dispensateur. 11 nous paraît d'ailleurs assez mal logé. Nous fendons péniblement la foule, où les gens en haillons sont les plus nombreux. Ils se pressent jusqu'à la porte du divan. C'est là une promiscuité touchante et une liberté que le petit peuple n'a pas chez nous. Les élèves du collège arménien schismatique chantent en chœur des compliments sur le mode exagératif. Musique et paroles sont aussi médiocres que le bouquet réglementaire dont chacun se trouve muni. On souhaite longue vie au sultan et belle santé au pacha, qui se porte d'ailleurs à merveille. La musique militaire, — une douzaine de cuivres tenus par des soldats en loques, lutte d'énergie avec l'orphéon scolaire, et le tumulte est à son comble au dehors comme au dedans. Le pacha, à qui nous sommes présentés par le P. Chartron comme des voyageurs illustres, nous accueille

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