LYCIE
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tre, taillé dans la montagne rocheuse, aboutissait à la mer par le fleuve Andraki. C'est là que Paul fut embarqué par le centurion sur un vaisseau alexandrin faisant voile pour l'Italie, par Cnide et la Crète. Saint Nicolas fut évoque de Myrc. Un couvent qui porte son nom est à deux heures de là. Une série de petilcs iles : Kakava, Castelorizzo, avec les ruines de son château rouge, jadis aux chevaliers de Rhodes, Giorgios, Volo, amusent, comme un panorama qui se déroule petit à petit, la curiosité des voyageurs.
Patara, au pied de la montagne, et jadis en communication avec la mer par le fleuve Xanthus, fut une des grandes villes de la Lycie. Son port, aujourd'hui misérable marais, était petit, mais très fréquenté par les navires marchands. C'est là que Paul s'embarqua ]>'>ur descendre sur Tyr et Jérusalem. Apollon y avait un temple aussi célèbre que celui de Delphes. Seulement, il n'y rendait ses oracles qu'en hiver. Il fut sans doute bâti sur un puits qui subsiste encore, el au milieu duquel se trouvait un pilier isole supportant la statue du dieu. On pouvait y descendre par un escalier circulaire. C'est de ses profondeurs que moulaient les réponses de l'oracle.
Un point blanc, qui brille comme une étoile au milieu des teintes sombres de ces terres volcaniques, est la grande stèle en marbre de Paros élevée sur la pente orientale des hauteurs où fut jadis la grande et belle ville de Xanthus. C'est là que les Anglais ont pris les superbes débris de l'art lycien qui ornent le Dritish Mu-
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LYCIE — RUODES
seurn. Ce qu'ils y ont laissé, murs, théâtre, sarcophages, stèles, monuments avec inscriptions lyciennes, offre à la science le plus vif intérêt. Deux fois, au temps de Cyrus et de Brutus, les habitants de Xanthus brûlèrent toutes leurs richesses dans la citadelle et se vouèrent à la mort plutôt que de se rendre.
La nuit tombe. Le pacha vient de finir son repas, d'ailleurs fort modeste et partagé avec son secrétaire et son iman. Il est seul à table; les deux autres se tiennent assis à distance. De temps en temps il leur offre de sa propre main une boule de riz ou un morceau de viande. Un serviteur attend avec une aiguière pour les ablutions réglementaires après le repas. C'est le même qui fera la toilette de ses pieds, quand il devra se coucher. Un autre balance dans une cassolette le feu qui servira à allumer la cigarette respectueusement présentée par un troisième sur le revers de la main droite. Un quatrième allume un vaste narguileh, car on ne sait pas ce que, sur sa digestion, le gouverneur d'Alep va préférer. Ces hommes, si despotes avec leurs compatriotes, sont sans prétentions vis-à-vis de nous. La pacha fait une partie d'échecs avec un chanoine espagnol de nos amis, et il perd coup sur coup. Malgré la nuit j'attends sur le pont pour saluer la ville de Rhodes et le souvenir des braves chevaliers qui y ont vécu.
Le port illuminé se déroule à nos yeux comme une représentation féerique. Mon imagination
ÏH