‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 196 sur 334 · RHODES · texte numérisé non relu

RHODES

fait revivre au fond et en face de l'entrée, tel qu'il y fut réellement, le fameux colosse de bronze représentant Apollon, le Dieu-Lumière, destiné à servir de phare aux voyageurs. Il fut l'œuvre de Charès de Lindos au troisième siècle avant l'ère chrétienne, et demanda au célèbre artiste douze ans de travail. Un tremblement de terre le renversa un demi-siècle après. 8 jambes seules demeurèrent debout; le reste, objet pour tous d'un superstitieux respect, joncha le sol de ses immenses débris jusqu'à la conquête sarrasine au septième siècle. On dît qu'il ne fallut pas moins de neuf cents chameaux pour transporter en Egypte les fragments du prodigieux colosse. Le calme de la nuit, sous un beau ciel où les étoiles scintillent, porte à rêver. Volontiers je me représente, autour do cette merveille du monde, les philosophes d'autrefois, les rhéteurs, les marchands, les soldats, les artistes, s'agilant avec leurs préoccupations diverses. Paul, passant ici, dut frémir d'une sainte indignation à la vue du temple magnifique qu'un roi Juif, Hérode, y avait fait bâtir en l'honneur d'Apollon Pythicn. Treize siècles plus tard, je salue avec une légitime fierté les chevaliers chrétiens qui luttèrent comme des lions sur ces remparts crénelés, el dans ces rues encore ornées de blasons français. Autrement glorieux que tout le passé militaire, artistique et commercial de l'antique cité, m'apparaissent les héroïques chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Pierre d'Aubusson, Yilliers de l'Ile-Adam

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