‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 217 sur 334 · TEMPLE DE DIANE · texte numérisé non relu

TEMPLE DE DIANE

Patrocle se préparant au combat au milieu des femmes qui le revêtaient des armes d'Achille, où Apelles, dans son Alexandre lançant la" foudre, avait fait la main du conquérant si vivante, qu'elle semblait sortir du tableau. Ce chef-d'œuvre fut payé, dit-on, un million de francs, et les pièces d'or le couvrirent en entier. Tout cela était sous les portiques intérieurs entourant le JVaos.

Dans le Naos, dont la toiture de cèdre était soutenue par huit colonnes de jaspe vert avec chapiteaux et bases de marbre blanc sculpté, étaient suspendus les nombreux ex-voto des rois et des grands hommes. Alexandre, le célèbre chanteur de Cythère, était venu sur ses vieux jours y déposer son psaltérion, n'admettant pas que l'admirable instrument pût jamais servir à d'autres artistes que lui, qui s'estimait sans rivaux dans le présent et dans l'avenir. Au fond et derrière l'autel, œuvre incomparable de Praxitèle, entre deux rideaux de pourpre relevés jusqu'à la voûte, on voyait une statue grotesque, plus asiatique que grecque, dont la tète, assez mal définie sous une coiffure égyptienne, était surmontée d'un signe symbolique; de son sein pendaient d'innombrables mamelles, tandis que le bas du corps, enveloppé d'une étoffe d'or, était parsemé d'animaux finement brodés. Ses deux mains s'appuyaient à droite et à gauche sur une sorte de trident, ou une chaîne mystérieuse. C'était Artémis, Diane, la Grande Déesse tombée du ciel, et le monde entier venait la vénérer. Au fond du Naos se trouvait le lieu le plus saint de

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