‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 226 sur 334 · LA PAQUE DES GRECS · texte numérisé non relu

LA PAQUE DES GRECS

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ses mains tremblantes et décharnées, Polycarpe dit : a Oui, maudissez les impies! — Maudis le Christ! — Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, sans qu'il m'ait l'ait aucun mal, comment pourrais-je maudire mon Roi et mon Sauveur?

— Je vais t'exposer aux bêtes ou te faire brûler.

— Ce que tu veux faire, fais-le vite. » Les jeux étaient finis, on le condamna à périr par le feu, et le courageux athlète, entonnant un cantique d'action de grâces sous une voûte de flammes, rendit pieusement son âme à Dieu. Polycarpe avait été disciple de saint Jean et maitre de saint Irénée.

Samedi 5 mai.

Nous lisons dans l'histoire de l'Église que, dès l'origine, la célébration de la Pâque eut le privilège de passionner vivement les Orientaux. Ce que je sais, c'est qu'elle y est encore la plus enthousiaste des fêtes chrétiennes. On l'appelle la Lampri ou la Brillante. Les Quartodécimans prétendaient que l'apôtre Jean en avait réglé la date. Je doute fort qu'il en ait jamais prévu les détails accessoires et les curieux préparatifs dont nous sommes témoins. La Pâque de l'Église grecque tombe demain.

Dans les rues, c'est un encombrement général d'agneaux peints de toute couleur. Plus de quinze mille seront vendus avant ce soir. D'autres arrivent comme colis de chemins de fer, les pattes liées, et portant au cou, sur une faveur bleue,

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