LA PAQUE DES GRECS
notant
jaune ou rouge, un mot sympathique de celui qui envoie le gracieux présent. Pas une famille dans l'Église grecque où l'agneau pascal ne soit immolé. Mais avant de tomber sous le couteau fatal, comme la pauvre bête est choyée, gâtée et triomphalement conduite de porte en porte chez tous les amis ! On l'orne de bandelettes, on ajoute encore de nouvelles nuances à sa toison, on la nourrit de pommes, de roses, de gâteaux, â quoi elle préfère, avec beaucoup de sens, l'herbe fraiche de la pelouse où on lui permet de gambader. Tout père de famille, si pauvre soit-d, ménage de longue main son argent pour avoir ce jour-lâ un agneau. Kyrie pappa, epislrepsé, ela. ed/io.'me crie un marchand d'antiquités qui veut me faire entrer dans sa boutique. Je m'arrête et je l'écoute, car il fait passer toute son âme dans sa supplication. « Achète-moi cette statuette si jolie, dit-il, autrement je n<' puis donner un agneau à mon (ils. » l'oint d'agneau, point de l'âque. Va, mon enfant, tu auras un agneau. Et je donne ce qu'il demande au brave Grec, qui baise nia main en disant : Td kâlo» anthropos. « Vous êtes un brave homme. > Pendant ce temps uw autre, moins obligeant, allège la poche de notre ami, M. Abae, d'une belle pipe en écume de mer qui fort malencontreusement laissait entrevoir un bout d'ambre tentateur. I e n'est pas, j'espère, pour célébrer la Pâque qu'il a commis ce larcin. Chacun fait des affaires â sa façon.
La cathédrale grecque de Bainte-Photini est