‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 230 sur 334 · ALEXANDRIE DE TROADE · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE DE TROADE

sommet de l'Ida, et les paysans du voisinage y montent de temps en temps, poussés par un désir superstitieux d'y saluer le soleil levant.

Nous longeons la côte de la Troadc, et je demande au capitaine de me montrer Eski-Istamboul, l'ancienne Alexandrie. Tout homme d'Europe qui passe par là devrait savoir où est ce pays et le saluer avec respect, car il a été le théâtre d'un événement décisif dans l'histoire des peuples d'Occident. Le capitaine ignore et le lieu et la chose. A Troas Paul, une nuit, eut la vision du Macédonien qui, debout devant lui, le suppliait en disant : « Passe en Macédoine, et aide-nous. » Cet homme moitié grec et moitié barbare était la personnification symbolique du vieux et du nouveau monde, de toutes les nations attendant un sauveur et appelant de leurs supplications désespérées le secours mystérieux qui devait venir de l'Orient. Le suprême cri de détresse passant par la bouche du Macédonien fut entendu, et le sauveur vint à la vieille humanité aveugle et percluse, le pieux samaritain recueillit dans ses bras le voyageur dévalise qui, après avoir remué toutes les forces de la pensée et tic la matière, n'en mourait pas moins de faiblesse, de désespoir et de misère sur la route où les fausses religions étaient passées sans le consoler.

Comme pour nous faire plaisir, lo bateau se rapproche sensiblement de la côte. Nous sommes à peine à un mille du petit port d'Eski-Istamboul. Les navires y affluaient jadis. Aujourd'hui les

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